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Flaubert, "Madame Bovary", Partie III, Chapitre 3 : commentaire

Résumé de la fiche

A. Un cadre spatio-temporel qui semble romantique

Dans ce chapitre, Flaubert place ses personnages dans une situation qui rappelle celle évoquée dans bien des oeuvres romantiques :

? l'intimité amoureuse dans la chambre d'hôtel : "ils vivaient là, volets fermés, portes closes..." (l.2).
? la promenade au coucher du soleil : "Vers le soir, ils prenaient une barque" (l.4), "sous la couleur pourpre du soleil, comme des plaques de bronze florentin, qui flottaient" (l.7). L'adjectif de couleur et la comparaison avec le bronze issu de Florence, ville chérie des romantiques, concourent à l'aspect romantique de la promenade.
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Sommaire de la fiche

TexteNotes explicativesCommentaireI) L'évocation d'une escapade amoureuse aux accents romantiquesII) La parodie très fine du "Lac" de Lamartine et l'ironie flaubertienne contre les clichés romantiquesIII) Une remise en cause des idylles et des héros romantiquesTexte complémentaire : Le Lac, Méditations poétiques (1820), Alphonse de Lamartine

Extraits de la fiche

[...] Les adieux furent tristes. Flaubert va même jusqu’à parodier Le lac de Lamartine : o d’abord par l’interruption irrespectueuse de la citation marquée par le méprisant etc. o ensuite par la mention du vent qui couvre la voix d’Emma, dont l’auteur souligne de surcroît la faiblesse : sa voix harmonieuse et faible se perdait sur les flots Dans une sorte d’oxymore, le deuxième adjectif contredit le premier et cette voix contraste du coup largement avec celle de la femme évoquée dans le poème de Lamartine, laquelle parvenait à charmer la nature environnante. [...]


[...] Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir ! Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages Qui pendent sur tes eaux. Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe, Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés, Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface De ses molles clartés. [...]


[...] Enfin on peut se demander si Flaubert ne va pas jusqu’à parsemer son chapitre de quelques indices tragiques. La robe noire (couleur assez étonnante dans ce contexte amoureux), les apparitions et disparitions d’Emma au clair de lune et le doute qu’insinue Flaubert sur le constat optimiste des deux amants à la fin de ces trois jours sont susceptibles d’être compris comme autant d’indices éventuels de la mort que fait ici planer le romancier sur son héroïne, avec une malicieuse ironie tragique TEXTE COMPLÉMENTAIRE : Le Lac Méditations poétiques (1820), Alphonse de LAMARTINE Le Lac 45 Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour ? [...]


[...] (v.2124) ; ils auraient voulu ( ) vivre perpétuellement dans ce petit endroit (l.14). Transition : tous ces échos au Romantisme sont en réalité dynamités par la présence d’une ironie féroce du romancier, qui les transforme en clichés ridicules. II. LA PARODIE TRÈS FINE DU LAC DE LAMARTINE ET L’IRONIE FLAUBERTIENNE CONTRE LES CLICHÉS ROMANTIQUES A. L’évocation réaliste d’un cadre spatio-temporel assez trivial Dans la description du cadre, Flaubert introduit des notations dissonantes qui rompent l’harmonie du moment et du lieu : o des bruits désagréables : celui des maillets des calfats contre la coque des vaisseaux (l.5) l’allitération en suggère d’ailleurs le son disgracieux évoqué ici celui du roulement des charrettes du tumulte des voix du jappement des chiens sur le pont des navires. [...]


[...] Elle se tenait en face, appuyée contre la cloison de la chaloupe, où la lune entrait par un des volets ouverts. Sa robe noire, dont les draperies s’élargissaient en éventail, l’amincissait, la rendait plus grande. Elle avait la tête levée, les mains jointes, et les deux yeux vers le ciel. Parfois l’ombre des saules la cachait en entier, puis elle réapparaissait tout à coup, comme une vision, dans la lumière de la lune. Léon, par terre, à côté d’elle, rencontra sous sa main un ruban de soie ponceau6. [...]

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