Docs-en-stock.com
  • Résumé
  • Sommaire
  • Extraits
  • Descriptif
  • À propos de l’auteur
  • Lecture
 

100% garanti

satisfait ou remboursé

Albert Camus, "L'Etranger", Incipit : lecture analytique

Résumé de la fiche

Révision rapide des valeurs de l'incipit : informer (intrigue, personnages, cadre spatio-temporel, horizons d'attente).
L'incipit, ou plus précisément la première phrase de L'Etranger est une phrase célèbre : "Aujourd'hui, maman est morte". Célèbre sans doute par l'étrange choix que de commencer un roman par un aussi sinistre événement, mais également parce qu'elle donne immédiatement le ton de l'oeuvre, et qu'elle nous fait d'emblée entrer dans cette technique narrative si particulière, entre le récit et le discours.

En quoi cette plongée dans l'intériorité du narrateur est-elle également une plongée dans une nouvelle conception du romanesque ?
Nous chercherons donc à comprendre les raisons du malaise certain qui saisit le lecteur à la première lecture, mais surtout à en déduire les implications dans la construction du personnage ambigu qu'est Meursault ()

...

Sommaire de la fiche

IntroductionI) La désincarnation du travail scripturaire : un malaise latentII) Meursault ou le triomphe de l'ambiguïtéConclusion

Extraits de la fiche

[...] Quoi qu’il en soit, l’impression d’objectivité est totale, de neutralité pourrait-on dire. Les autocorrections vont d’ailleurs dans le même sens, en montrant la volonté ferme de ne dire que le vrai : Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier. Je ne sais pas Coller au plus près du réel ? On se demande alors le but de ces exigences du récit. Est-ce dans un but réaliste ? Pour créer une écriture qui colle complètement au réel ? Cependant, le refus des descriptions tend à nier ce choix du réalisme. [...]


[...] Vers une complète objectivité L’étude des temps et des personnes du récit nous conduirait à parler en termes d’énonciation d’une focalisation interne (chaque événement est vu à travers les yeux du narrateur). Cependant, l’absence de description s’accompagne d’absence presque totale de subjectivité, d’implication personnelle de Meursault. Attention : il nous donne bien ses pensées, nous explique ses choix. Mais il le fait sans jamais mentionner une quelconque implication affective : J’ai dit oui pour ne plus avoir à parler Mais on ne sait pas pourquoi il ne veut pas parler Face à ce laconisme de l’expression, le lecteur est amené à formuler lui-même ses interprétations. [...]


[...] et de les expliciter où ils ne sont pas suffisants. C’est sans doute là une des raisons du malaise qui saisi le lecteur. Face à ces incertitudes, et devant la si apparente absence de sentiments du narrateur, le lecteur ne comble jamais ces manques à l’avantage de Meursault : c’est toujours l’explication la plus négative qui vient à l’esprit, toujours l’attitude la plus sordide que l’on comprend La lucidité comme nouvelle valeur Les marques implicites de l’affectif En réalité, pour peu que l’on prenne le temps de relire l’extrait ou que l’on fasse le choix de le lire sans accabler davantage Meursault, les marques d’affection sont présentes. [...]


[...] Pas de réelle mise en doute de la véracité des événements relatés : pas de soupçon du lecteur. Renforce d’autant plus cette entrée dans la vie la conscience du héros. Successions d’actions mécanisées Premier malaise cependant apparaît très rapidement. La succession des événements est extrêmement brève, puisque les faits sont consignés de la manière la plus épurée possible. Par ailleurs, l’absence assez frappante de termes de liaison (asyndètes) crée l’illusion d’une succession d’actions mécanisées : l’asile est à deux kilomètres du village. [...]


[...] Pas un seul sentiment n’est exprimé sous la plume du narrateur face à cet événement tragique entre tous. Les trois premières phrases n’ont de but que la recherche de la date exacte de la mort, accumulant els autocorrection et les élucubrations (quoique rapides) du narrateur. L’enchaînement est immédiat entre la nouvelle et les modifications d’emploi du temps qu’elle entraîne : je prendrai l’autobus j’ai demandé deux jours de congé tout en montrant bien qu’elle ne bouleverse pas tant que ça les habitudes du narrateur : j’ai mangé chez Céleste, comme d’habitude Il est impossible de relever dans notre extrait un seul modalisateur qui marque la tristesse du narrateur. [...]

Consultez plus de 91303 études en illimité sans engagement de durée. Nos formules d'abonnement