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Hume, "Traité de la nature humaine", Tome II, Extrait : commentaire

Résumé du commentaire de texte

Il est courant, lorsque nous réfléchissons aux rapports que la raison entretient avec nos passions, d'adopter une position dualiste et conflictuelle. On tient pour une évidence que la raison est en nous l'organe directeur légitime de nos actions, au titre du pouvoir qu'elle confère à l'homme de réfléchir sur lui-même et d'analyser le contenu des informations fournies par ses sens, de découvrir les lois fondamentales de la nature et de dégager les principes moraux et politiques propres à conduire les hommes dans la direction du bien et de l'intérêt général. La passion, au contraire, est souvent perçue comme un facteur de perturbation et un obstacle aux délibérations rationnelles. Elle est décrite comme un désir puissant échappant au contrôle de la volonté individuelle, agissant sur elle à la manière d'un commandement impérieux, n'obéissant ni au bon sens ni aux respects des règles élémentaires de la morale ()

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Sommaire du commentaire de texte

IntroductionI) En quel sens une passion peut-elle être jugée déraisonnable ?A. La réduction du raisonnable au rationnelB. Illustration de cette réductionC. La distinction plaisir - intérêtII) Le système scientifique des passions et l'impossible évaluation en surplomb du mécanisme naturelA. C'est la position d'un bien dans un contexte de choix qui détermine le degré de sa force impressiveB. L'analogie scientifiqueC. Ce n'est pas la passion qui est déraisonnable, c'est le jugementConclusionRéférences

Extraits du commentaire de texte

[...] En tant que tableaux de la réalité, elles peuvent être vraies ou fausses, mais pas en tant qu’impressions. Une impression n’est donc, au sens propre, jamais raisonnable ou déraisonnable, même lorsqu’il s’agit d’une idée. Seules les idées, envisagées sous l’angle de leurs propriétés représentatives, peuvent être qualifiées de vraies ou de fausses, et par conséquent les jugements qui sont formulées à partir d’elles de raisonnables ou de déraisonnables. David Hume, Traité de la nature humaine. La Morale (1740), Tome III, GF-Flammarion p haut. [...]


[...] Notre intérêt immédiat, dans le premier exemple, est d’éviter la perspective immédiate de la souffrance physique ; dans le second, il est d’éviter de continuer à subir les assauts de notre conscience morale en la soulageant par un geste de générosité gratuite même excessive. Est-ce l’intérêt qui, dans les deux cas, et même s’il est mal compris ou mal calculé, pousse l’individu à agir comme il le fait ? Non. Le comportement rationnel n’est pas chez Hume un équivalent de la poursuivre de l’intérêt individuel, puisqu’il n’est pas davantage contraire à la raison que je préfère, même en connaissance de cause, un moindre bien à mon plus grand bien, et que j’éprouve une affection plus ardente pour le premier que pour le second. [...]


[...] Les hommes sont à présents guéris de leur passion des hypothèses et des systèmes de philosophie naturelle, et ils ne prêteront attention à aucun argument s’il n’est tiré de l’expérience. Il est grand temps qu’ils tentent une réforme semblable dans toutes les recherches morales, et qu’ils rejettent tout système d’éthique, aussi subtil et ingénieux qu’il soit, qui ne serait pas fondé sur l’observation et les faits. Du point de vue des principes abstraits de l’ancienne philosophie rationaliste spéculative, il peut paraître étonnant qu’une passion se porte naturellement et en connaissance de cause vers un bien banal plutôt que vers un bien supérieur. [...]


[...] se comprend ici comme : La passion est-elle déraisonnable ? Est- ce la raison qui en nous le principe directeur actif de notre conduire, ou bien est-ce la passion, ou bien enfin sont-elles deux principes d’actions différents ? La raison et la passion s’opposent-elles du point de vue de nos actions ? Notons que ces questions ne sont pas d’ordre moral. Bien que Hume use dans le texte d’exemples dont la dimension morale est fortement marquée, ce n’est pas ce point de vue qui retient son attention. [...]


[...] Interprétée dans le sens de la configuration objective de l’expérience à un moment la notion de circonstances ne permet pas de comprendre comment il se peut faire que, parfois, un bien banal nous affecte plus puissamment qu’un bien supérieur. Pour l’expliquer, il faut ajouter à ce premier sens une seconde signification, qui interprète la notion de circonstances à partir de l’ensemble des dispositions ou des configurations intérieures du système passionnel subjectif. Les circonstances rassemblent à la fois la configuration extérieure de l’expérience et la configuration intérieure du système de nos passions. [...]


[...] Conclusion : Pour conclure, ce texte entendait répondre à la question : les passions sont-elles déraisonnables ? Hume répond sans ambiguïtés que les passions ne peuvent être tenues pour déraisonnables ou raisonnables, puisqu’elles ne partagent aucuns des traits qui pourraient permettre de les comparer avec les activités de la raison. La raison est la faculté des relations, c’est-à-dire entre autres de mise au jour du vrai et du faux et des moyens les plus appropriés à l’exécution d’une fin donnée. Elle consiste donc à analyser et à manipuler les idées fournies par la pensée. [...]


[...] Ce n’est pas la passion qui est déraisonnable, c’est le jugement. Jusqu’ici, Hume a défendu l’idée qu’une passion pouvait être jugée déraisonnable si elle était contraire à la raison, c’est-à-dire si elle reposait sur des fausses suppositions et si, pour se satisfaire, elle employait des moyens inefficaces. La dernière phrase du texte précise que cette manière de parler des passions est toutefois impropre, et qu’en un sens plus rigoureux, plus exact, plus conforme à la réalité, les passions ne peuvent jamais être qualifiées de raisonnables ou déraisonnables, mais seulement nos jugements, c’est-à-dire l’activité de la raison elle-même : En bref, une passion doit s’accompagner d’un jugement faux pour être déraisonnable ; et même alors, ce n’est pas la passion qui, à proprement parler, est déraisonnable, c’est le jugement[15]. [...]


[...] Je puis désirer un fruit pour son goût, excellent ; mais si vous me persuadez de mon erreur, je cesse de le désirer. Je puis vouloir accomplir certaines actions afin d’obtenir un bien désiré ; mais comme ce vouloir est seulement subordonné et se fonde sur la supposition d’une causalité entre mes actes et l’effet recherché, dès que je m’aperçois de la fausseté de cette supposition, mes actions me deviennent nécessairement indifférentes. Ceci s’explique par le fait que les idées de la raison ne sont pas des entités neutres et ontologiquement indifférentes. Ce sont des impressions. [...]


[...] Elle fournit des raisons d’agir, mais c’est toujours la disposition de mes passions et inclinations qui déclenche ou cause l’action. N’est-ce donc pas par une sorte d’abus de langage que Hume emploie les expressions justifier et condamner qui impliquent plus qu’un simple jugement ou éclairage sur la rationalité de nos décisions commandées par nos passions, à savoir la possibilité concrète d’intervenir dans le processus de décision lui-même ? Non. La raison a effectivement, en un autre sens, fort, le pouvoir d’agir sur nos passions, en tant qu’elle est elle-même une sorte de passion : la passion de rationalité. [...]


[...] Ce ne sont pas les choses qui sont raisonnables ou déraisonnables, mais les relations qu’elles entretiennent entre elles. Seuls les jugements, qui sont des énoncés impliquant certaines relations entre les idées qu’ils manipulent, peuvent donc être qualifiés de raisonnables ou de déraisonnables, selon la nature de ces relations. L’opposition qui intéresse Hume dans ce texte et dans la section du tome III du Traité de la nature humaine auquel il appartient est celle qui porte sur la prééminence de la raison ou de la passion dans le domaine de l’action. [...]

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