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Littérature

Étude stylistique d’un extrait de Marcel Proust, "Sodome et Gomorrhe"

Date de publication
Date de mise à jour
2015-04-13
Langue
français
Format
Word
Type
commentaire de texte
Nombre de pages
5 pages
Niveau
avancé
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Étude stylistique d’un extrait de Marcel Proust, "Sodome et Gomorrhe"

  1. Le texte surprend par son étonnante atmosphère fantastique, paradoxalement présente dans une 'uvre qui semble vouloir toucher de près le réalisme
  2. La temporalité de l'extrait contribue à créer cette atmosphère fantastique d'engourdissement, de sommeil et de suspension de l'action
  3. Tout concourt dans ce texte à réaliser un tissage stylistique, une forme qui fait corps avec le propos du narrateur
Résumé du commentaire de texte

Marcel Proust est l’auteur de l’une des plus importantes sommes romanesques du XXe siècle : A la recherche du temps perdu. Son œuvre est à l’origine d’un renouvellement esthétique de la littérature de ce siècle, en particulier en prose. Elle narre les mémoires de Marcel, ses déambulations dans les salons parisiens et dans un milieu mondain où il part à la recherche de l’amour et d’un plaisir esthétique dans l’art. Il le découvre dans le pouvoir d’évocation de la mémoire instinctive qui relie le passé et le présent en une même sensation retrouvée, en l’espèce, la saveur d’une madeleine. « Sodome et Gomorrhe » constitue le tome III de l’œuvre. Dans cet extrait, le narrateur est convié par M. et Mme Verdurin, à un repas au château de la Raspelière. On y découvre une atmosphère teintée de fantastique, contrastant avec l’apparente vraisemblance d’un texte composé à la manière de Mémoires. Le narrateur joue d’une temporalité distordue ne répondant pas aux critères d’une chronologie et d’une durée approchant l’objectivité mais affleurant plutôt une temporalité sensitive. L’extrait révèle également que le réalisme proustien ne s’inscrit pas dans une logique purement thématique d’évocation du réel, mais plutôt dans une démarche artistique et esthétique visant à unir les mots et le propos dans une « forme-sens », ainsi la langue est outil de désignation du signifié mais est aussi signifié lui-même devenant métalangage.

[...] L’adverbe presque est aussi employé à deux reprises (lignes 4 et ce qui traduit l’incertitude. Le jeu de contraste entre l’obscurité et la lumière est aussi un ressort fantastique utilisé par le narrateur dans cet extrait. L’ obscurité mentionnée à plusieurs reprises (lignes 14) est par son apparente profondeur, l’antithèse de la lumière éclatante (ligne rutilante de clarté (ligne 12) du dîner. Quoi qu’il en soit, la lumière ne vient pas atténuer l’atmosphère fantastique du texte, car elle semble aussi aveuglante que l’obscurité étant mise en relation avec des adjectifs ou des verbes dont le sémantisme implique un degré d’intensité élevé explosaient ligne8, éclatantes ligne 8). [...]


[...] Tout concourt dans ce texte à réaliser un tissage stylistique, une forme qui fait corps avec le propos du narrateur. L’auteur mêle les incertitudes, les allées et venues dans l’obscurité des personnages aux tours, retours et détours d’un texte dont les méandres reflètent l’atmosphère fantastique de ce voyage. La description, pourtant relativement longue, n’est composée que d’une seule phrase dans laquelle sont savamment tricotées un ensemble de propositions diverses ; une phrase presque interminable, tout comme le trajet qui mène au château. [...]


[...] La locution verbale aller se succéder (Ligne 11) est aussi utilisait à ce même temps ce qui en atténue les aspects inchoatifs et itératifs (la succession n’ayant pas encore commencée puisqu’elle est envisagée dans un futur proche, mais distendu par la coordination du verbe avec le verbe ‘aller à l’imparfait Cet usage paradoxal du sémantisme des mots et de la valeur aspectuelle du temps est aussi répété à la ligne l’adjectif vif impliquant une rapidité, un début et une fin, est placé en oxymore avec l’imparfait duratif du verbe éprouver le pronom adverbial quand et l’adverbe tout à coup suivis logiquement d’un passé simple ponctuel, sont accompagnés de l’imparfait. Le narrateur mentionne aussi qu’il traversait un village action qui semble durer, or un village ne porte-t-il son nom en raison de sa taille réduite ? La temporalité est d’autant plus distordue que le narrateur ne parvient pas à clairement se situer sur l’axe temporel de la réalité, se reportant surtout à une temporalité affective. [...]


[...] S’agit-il d’un pronom reprenant anaphoriquement le pronom personnel complément d’objet direct (lignes nous employé à la ligne 1 ? Quels personnages sont inclus dans ce Nous pronom personnel qui apparaît soit comme complément, soit comme sujet, mais d’un verbe de sensation au sémantisme plutôt passif nous éprouvions ligne9, nous croyions ligne10)? Le on désigne- t-il un ensemble de personnes d’une extension plus importante que le locuteur ne veut ou ne peut pas identifier, les reléguant ainsi dans l’anonymat ? Il est en tout cas employé majoritairement devant des verbes à la forme active, mais dont le sémantisme révèle plutôt une passivité on s’était presque assoupi (ligne on se retrouvait (ligne ; un abandon dans les sensations perceptives : on reconnaissait (ligne2),« on entendait (ligne avec des verbes d’état : on était (ligne ou bien encore une négativité, une méprise : on oubliait (ligne on ne savait plus du tout où on se trouvait proposition dans laquelle la négation est intensifiée par la coordination du mot négatif ne et de la locution adverbiale du tout on se croyait arrivé (ligne 3). [...]


[...] Un statut qui est parasité par les variations de focalisation qui brouille la relation effective du je par rapport au on et au nous qui impliquent un nombre de personnes plus étendu. L’utilisation du pronom indéfini comme sujet de verbes de sensations, verbes modalisateurs du discours, rend flexible la frontière entre le je parlant et pensant et les autres Comment le je peut-il s’inclure dans un nous ressentant des émotions, émettant des jugements, des suppositions subjectives ? Le narrateur adopte, paradoxalement avec la situation d’énonciation d’un récit réaliste de mémoires, un point de vue omniscient on ne savait plus du tout on reconnaissait on entendait on oubliait nous croyions nous éprouvions ).Par ailleurs, soit l’utilisation d’adjectifs antéposés aux noms révèle une apparente objectivité du discours (ligns10,11), soit leur postposition relève d’une modalisation subjective (ligne12 un véritable dîner . [...]

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