Docs-en-stock.com
  • Résumé
  • Sommaire
  • Extraits
  • Descriptif
  • À propos de l’auteur
  • Lecture
 

100% garanti

satisfait ou remboursé

Charles Baudelaire, "Les Fleurs du Mal", "Le Goût du néant" (LXXX) : étude analytique

Résumé du commentaire de texte

La totalité de ce poème est parcourue par ce thème avec :

- une privation douloureuse

La répétition de la négation "ne plus" (vers 3, 7, 9 et 14) structure le poème et rend compte d'une douloureuse spoliation temporelle. Ainsi, les deux premiers quatrains sont construits sur l'opposition cruelle entre autrefois (premier quatrain) et aujourd'hui (deuxième quatrain), entre l'imparfait ("L'Espoir, dont l'éperon attisait ton ardeur", vers 2) et le présent ("L'amour n'a plus de goût", vers 7).

- la disparition de toutes les raisons de vivre

Elle repose sur l'opposition entre ce qu'il faisait avant ("vieux maraudeur", vers 6) et le présent. Dans le premier quatrain, c'est "L'Espoir" (vers 2) qui a disparu et dans le deuxième, "L'amour et la dispute" (vers 7), anéantissant ainsi toutes les raisons de vivre du poète.

- la responsabilité du Temps

Dès le premier vers du troisième quatrain ("Et le Temps m'engloutit minute par minute", vers 11), c'est le temps qui va être rendu responsable de ce dessaisissement. En ce sens, ce vers rappelle celui de "L'Ennemi" (X) : "Le Temps mange la vie" (vers 12). Cette culpabilité est soulignée par la reprise anaphorique de la formule restrictive "ne plus" que confirment les participes passés "vaincu, fourbu" (vers 6) et "perdu" (vers 10) qui lui font écho par une assonance en [u], sonorité aigüe qui exprime le malaise et le désespoir du poète, et une allitération en [p].

b- Une gradation dramatique

Tout au long du poème, la dégradation liée au temps ne fait que s'accroître :

- dans le premier quatrain

Un "Vieux cheval" (vers 4) n'a plus d'espoir comme cavalier et n'aspire plus qu'à l'inconscience. On a une impression de piétinement : "dont le pied à chaque obstacle butte" (vers 4).

- dans le deuxième quatrain

La gradation est claire, reposant sur la progression de la structure en chiasme : "Morne esprit" (vers 1) / "Esprit vaincu" (vers 6) mais aussi le redoublement d'un adjectif de deux syllabes : "vaincu, fourbu" (vers 6).

- enfin, dans le troisième quatrain

La poursuite de la gradation mène à l'agonie et au désir d'en finir (échec / capitulation / agonie). Le temps a remplacé le printemps, dont il a aboli les promesses ()

...

Sommaire du commentaire de texte

IntroductionI) L'usure du tempsA. Un thème omniprésentB. Une gradation dramatiqueC. L'étendue des dégâtsII) Une série d'images révélatrices du désespoirA. Le cheval (vers 4)B. Le maraudeur (vers 6)C. Le printemps (vers 10)D. L'avidité du monstre (dernier quatrain)Conclusion

Extraits du commentaire de texte

[...] Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Le Goût du néant (LXXX) ÉTUDE ANALYTIQUE Introduction Recueil poétique de Charles Baudelaire (1821-1867), Les Fleurs du Mal fut publié à Paris en 1857. Il donna lieu à un procès en août 1857 pour outrage à la morale religieuse ainsi qu’à la morale publique et aux bonnes mœurs Le poète fut condamné à 300 francs d’amende et à la suppression de six poèmes (qui seront publiés dans le Parnasse satyrique du 19ème siècle, à Bruxelles, en 1864, avant d’être repris avec d’autres pièces de circonstance dans Les Épaves). [...]


[...] Pour toi, vieux maraudeur, L’amour n’a plus de goût, non plus que la dispute ; Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte ! Plaisirs, ne tentez plus un cœur sombre et boudeur ! 10 Le Printemps adorable a perdu son odeur ! Et le Temps m’engloutit minute par minute, Comme la neige immense un corps pris de roideur ; Je contemple d’en haut le globe en sa rondeur Et je n’y cherche plus l’abri d’une cahute Avalanche, veux-tu m’emporter dans ta chute ? [...]


[...] Conclusion Ce poème laisse paraître la véritable fascination de Baudelaire par le néant, que l’on retrouve, par ailleurs, dans d’autres poèmes des Fleurs du Mal comme De profundis clamavi (XXX) ou Le Mort joyeux (LXXII). Poème de la vieillesse et de la mort, Le Goût du néant souligne alors l’inexorable dénouement du spleen, le désespoir et l’anéantissement. [...]


[...] Terme déjà expressif par ses sonorités et la notion d’abîme qu’il suggère, il se trouve conforté dans cet anéantissement par la neige mortelle qui se transforme en avalanche, car le poète agonisant souhaite en sortir au plus vite (Avalanche, veux-tu m’emporter dans ta chute vers 15). Ce dernier, las de vivre, à travers une aspiration à l’oubli, appelle alors la mort comme une délivrance. De plus, en s’écoulant lentement et régulièrement (minute par minute, vers le froid de l’hiver semble figer le corps qui perd ainsi de sa vivacité (un corps pris de roideur, vers 12). La neige, et par là même le temps, est une sorte de fatalité sur laquelle le poète n’a aucun pouvoir. [...]

Consultez plus de 91303 études en illimité sans engagement de durée. Nos formules d'abonnement