Les thèmes dans Le mort joyeux de Baudelaire

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01 Juin 2016

Les thèmes dans « Le mort joyeux » de Baudelaire - Analyse

« Le mort joyeux » fait partie de la première partie Spleen et Idéal des Fleurs du Mal de Baudelaire. Ce poème mêle à la fois humour et sériosité ; l'humour noir employé par le personnage se distingue du sujet grave qu'il évoque ; la mort, un thème très présent dans son recueil publié en 1857. Nous verrons quelques-unes des pistes d'étude possibles.

« Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde. (...) »
commence ainsi ce sonnet en alexandrins de Baudelaire.

À la lecture, l'on peut dégager plusieurs axes d'étude :

Une anthologie de la mort

Le personnage semble désirer la mort qui constituerait une jouissance, une délivrance et un repos : « où je puisse à loisir », « Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde ».

La banalisation de la mort

Il évoque un enterrement plus que banal, sans artifices et réalisé par ses soins (« Je veux creuser moi-même une fosse profonde »), préférable à un enterrement classique (« Je hais les testaments et je hais les tombeaux »). Testaments et tombeaux faisant partie des rituels et des traditions auxquels l'on s'adonne lorsque quelqu'un décède.

Une horreur non acceptée, une révolte contre la mort

Le personnage refuse toute lamentation : « Plutôt que d'implorer une larme du monde » et préfère une mort atroce : « Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux À saigner tous les bouts de ma carcasse immonde ».

Il montre même qu'il ne craint pas la mort : « Je veux creuser moi-même une fosse profonde », « mort libre et joyeux » et invite vers et corbeaux à le dévorer.

Une mort violente

Le champ lexical employé évoque une mort violente et du dégoût : « À saigner », « carcasse immonde » se comparant à un animal, « pourriture », « vieux corps », « vieux os », « torture ». Il fait intervenir des animaux pour lesquels l'on éprouve habituellement de la répulsion : « corbeaux, « vers » qui dévorent les dépouilles.


Nous vous recommandons cette étude du poème « Le mort joyeux », de Charles Baudelaire.


Le cadavre est évoqué dans plusieurs poèmes de Baudelaire dans lesquels il est décrit et évoque l'horreur : « Une Charogne » et « Une gravure fantastique », dans Spleen et Idéal, « Le Squelette laboureur » et « Danse macabre dans les Tableaux parisiens », « Une martyre » et « Un voyage à Cythère » dans les Fleurs du Mal.

En effet dans son recueil les Fleurs du Mal, bien que divisé en 6 parties, Baudelaire évoque des thèmes qui reviennent souvent, c'est le cas par exemple du spleen, du sang, du cimetière, de la femme...

Dans votre analyse du Mort joyeux, vous pouvez également étudier la vision paradoxale de la mort (un corps en décomposition, mais une vision remplie de vie), le rapport du poète à la mort (une certaine dualité ; il l'espère, la voie comme délivrance, mais la craint également), la provocation du poète, l'utilisation du sonnet pour aborder la mort, l'emploi de l'humour macabre, etc.


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