Emploi : y a-t-il une différence entre les jeunes diplômés des quartiers prioritaires et les jeunes diplômés des autres quartiers ?

Credit Photo : Habitees

14 Décembre 2015

Emploi : y a-t-il une différence entre les jeunes diplômés des quartiers populaires et les jeunes diplômés des autres quartiers ?

Début décembre, l'Apec a publié une étude sur L'emploi des jeunes diplômés résidant dans les quartiers prioritaires. Peut-on dire que ces jeunes sont traités différemment lors de la recherche d'emploi ? Le lieu de résidence influe-t-il sur l'accès à l'emploi ? La réponse est oui, bien que ces jeunes semblent avoir suivi les mêmes formations et veulent occuper les mêmes fonctions que les jeunes résidant hors quartiers prioritaires, l'on note des disparités quant à la rémunération et la recherche d'emploi.

L'étude de l'Apec sur L'emploi des jeunes diplômés résidant dans les quartiers prioritaires, réalisée au printemps dernier auprès de 4 750 jeunes ayant au moins un Bac +5 et publiée début décembre, montre qu'il existe des similitudes, mais également des disparités entre jeunes diplômés résidant dans les quartiers prioritaires et jeunes diplômés résidant en dehors de ces quartiers.

Des disparités quant à l'âge et au type de diplôme

La première constatation concerne l'âge de ces jeunes ; ceux habitant les quartiers prioritaires sont plus âgés ; 70 % ont entre 26 et 30 ans, tandis que dans les autres quartiers, ils sont 50 % à avoir moins de 25 ans.

Le Master est le diplôme le plus répandu parmi les jeunes diplômés de quartiers prioritaires (74 %). Chez les jeunes diplômés d'autres quartiers, la proportion est de 71 %. La part de jeunes issus de l'université est plus importante dans les quartiers prioritaires (77 % contre 71 % dans les autres quartiers). Ces jeunes optent moins souvent pour les écoles, comparés aux jeunes vivant en dehors de ces quartiers.

Peu de différences quant aux disciplines étudiées et aux secteurs de prédilection et fonctions visées

En revanche, l'on note peu de différences dans les disciplines étudiées chez les jeunes des quartiers prioritaires et les autres jeunes. Même constat quant aux secteurs de prédilection (santé/action sociale, banque assurance, secteur automobile et aéronautique) et aux fonctions visées (gestion/finance/administration).

Le stage en entreprise s'est déroulé de la même façon pour les deux groupes étudiés avec une proposition de poste en fin de stage ; ils ont été plus nombreux à accepter le poste chez les jeunes résidents des quartiers prioritaires (73 % contre 64 %).

Une différence de 6 % entre les rémunérations moyennes annuelles des jeunes diplômés dans et en dehors des quartiers prioritaires

L'on observe que les jeunes diplômés d'autres quartiers sont plus souvent en emploi (62 %) que les jeunes diplômés de quartiers prioritaires (56 %). Le type de contrat de travail ou l'accès au statut de cadre ne semblent pas différer en fonction du lieu de résidence, contrairement à la rémunération. En effet, la rémunération moyenne annuelle pour un jeune diplômé résidant hors quartier prioritaire est de 26 600 euros contre 25 200 euros pour un jeune diplômé résidant dans un quartier prioritaire, soit 6 % de plus.

Des motifs de satisfaction différents

Les deux groupes de jeunes diplômés sont satisfaits de leur emploi. Cependant, tandis que les jeunes habitant les quartiers prioritaires citent plus les perspectives d'évolution au sein de leur entreprise et le lieu de travail comme motifs de satisfaction, les jeunes des autres quartiers, eux, citent la politique de formation de leur entreprise et la reconnaissance de leur travail comme étant satisfaisants.

Une recherche d'emploi qui diffère

Du côté de la recherche d'emploi, le nombre de jeunes diplômés recherchant leur premier emploi est plus élevé chez les jeunes de quartiers prioritaires (74 % contre 71 %). Ces derniers sont également plus nombreux à avoir débuté leur recherche après avoir obtenu leur diplôme (59 % contre 52 %). Il s'avère qu'ils sont moins regardants quant au secteur d'activité, la taille et le type d'entreprise. Ils envoient un nombre de candidatures plus élevé - 100 candidatures contre 85 pour les autres jeunes - mais sont plus nombreux à n'avoir décroché aucun entretien (24 % contre 20 %). Malgré cela, ils sont plus optimistes quant à leur recherche d'emploi (63 % contre 59 %).

Les deux groupes de jeunes diplômés étudiés utilisent les mêmes moyens de recherche d'emploi (principalement offres d'emplois et candidatures spontanées par Internet) et acceptent les mêmes concessions (principalement pas de CDI, déménagement et niveau de salaire inférieur).

Source : L'emploi des jeunes diplômés bac + 5 et plus résidant dans les quartiers prioritaires